Son mari s'éloignait sans rien dire : à 63 ans, Catherine a fini par comprendre pourquoi
« J'étais persuadée qu'il ne me trouvait plus désirable. La vérité était à la fois plus simple et plus difficile à entendre. »
Histoire inspirée de témoignages de clientes. Les prénoms ont été modifiés.
Alain et moi, nous sommes mariés depuis trente-neuf ans. Nous nous sommes rencontrés à un bal du 14 Juillet, du côté de Clisson, et depuis, nous ne nous sommes presque jamais quittés. Deux enfants, trois petits-enfants, une maison près de Nantes avec un jardin qu'il bichonne. Une vie simple, et heureuse.
Il avait une habitude que j'aimais plus que tout : le matin, pendant que je préparais le café, il passait derrière moi et déposait un baiser dans mon cou. Trente-neuf ans de baisers dans le cou.
Il y a un peu plus d'un an, il a arrêté.
Une distance qui s'installe, sans un mot
Au début, je n'y ai pas prêté attention. Puis j'ai remarqué d'autres choses. Le soir, devant la télévision, il ne passait plus son bras autour de mes épaules. Au lit, il se tournait vers le bord, de plus en plus près du vide. Quand je me blottissais contre lui, il trouvait toujours une raison de se lever : un verre d'eau, un volet à fermer.
Et puis un soir, il m'a annoncé qu'il allait dormir dans la chambre d'amis. « Je ronfle trop, je t'empêche de dormir. » Alain ronflait depuis trente-neuf ans. Cela ne m'avait jamais empêchée de dormir.
« Je me regardais dans le miroir de la salle de bain et je me demandais : est-ce qu'il me trouve vieille ? »
Je me suis raconté toutes sortes d'histoires
Pendant des mois, je me suis dit que c'était normal. Que c'était la retraite, qui l'avait rendu un peu bougon. Que l'amour, après tant d'années, devient forcément plus tranquille. Que c'était l'âge, le sien, le mien.
Et puis, la nuit, d'autres idées venaient. Qu'il ne me trouvait plus désirable. Qu'il y avait peut-être quelqu'un d'autre. Je n'osais pas lui poser la question. J'avais trop peur de la réponse.
Alors j'ai voulu « me rattraper »
J'ai pris rendez-vous chez le coiffeur pour une nouvelle coupe. Je me suis acheté des crèmes, deux parfums, une jolie chemise de nuit. J'ai changé de gel douche, de déodorant, de lessive. Je me suis mise à me parfumer le soir avant de me coucher, ce que je n'avais jamais fait de ma vie.
Quand j'ai additionné les tickets de caisse, j'ai eu honte : plus de 500 euros en quelques mois. Alain, lui, me disait gentiment que j'étais très belle. Et continuait de dormir dans la chambre d'amis.
« Tout va très bien, Madame »
J'ai même fini par consulter. Je n'ai pas osé dire la vraie raison à mon médecin : j'ai parlé de fatigue, de transpiration. Bilan complet, tout était normal. « Vous êtes en excellente santé, Madame. Profitez de votre retraite. »
J'étais en bonne santé. Mon mari était gentil. Et pourtant, quelque chose s'était cassé entre nous, et personne ne pouvait me dire quoi.
« Personne ne vous le dit. Ni votre mari, ni votre médecin. Parce que personne ne sait comment le dire. »
Martine, l'aquagym, et une conversation que je n'oublierai pas
Le jeudi, je vais à l'aquagym avec Martine, une amie qui a été infirmière toute sa carrière, longtemps en maison de retraite. Un jour, au vestiaire, j'ai craqué. Je lui ai tout raconté : le cou, la chambre d'amis, les parfums.
Martine m'a écoutée sans m'interrompre. Puis elle m'a demandé, très doucement : « Catherine, est-ce que tu as déjà entendu parler du nonénal ? »
Non. Je n'en avais jamais entendu parler.
La nuque. Le cou. L'endroit exact où Alain m'embrassait chaque matin depuis trente-neuf ans.
Ce soir-là, j'ai trouvé le courage. Je me suis assise à côté de lui sur la terrasse et je lui ai demandé de me dire la vérité, quelle qu'elle soit. Il est resté longtemps silencieux. Puis il m'a pris la main.
« Je ne savais pas comment te le dire. Ce n'est pas désagréable, c'est… différent. J'avais tellement peur de te faire de la peine que je me suis tu. »
Il ne s'était pas éloigné parce qu'il ne m'aimait plus. Il s'était éloigné parce qu'il m'aimait trop pour me blesser. Nous avons pleuré tous les deux, et puis, je ne sais pas comment, nous avons fini par rire. De la chambre d'amis, des ronflements, de mes cinq cents euros de parfums.
Un savon au kaki, inspiré d'un rituel japonais
Martine m'a parlé de ce que font les Japonais, qui connaissent bien le sujet : un savon au kaki. Le kaki est riche en tanins, et ces savons sont conçus pour aider à neutraliser ce type d'odeur. Elle en conseillait déjà à plusieurs amies.
Je l'ai commandé le lendemain. Je l'utilise une fois par jour sous la douche : je fais mousser le savon entre mes mains, j'insiste sur la nuque, derrière les oreilles, le haut du dos et la poitrine, je laisse la mousse quelques instants et je rince bien. C'est devenu mon petit rituel du matin.
Ce que j'ai apprécié tout de suite, c'est la sensation de fraîcheur, et un parfum léger, qui ne cherche pas à masquer quoi que ce soit. Pour le reste, j'ai laissé le temps faire.
Et si c'était la même chose chez vous ?
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Le baiser dans le cou
Les premières semaines, je n'ai rien demandé. Alain non plus. Et puis un matin, environ un mois plus tard, pendant que je préparais le café, j'ai senti ses mains sur mes épaules. Et un baiser, juste là, dans le cou.
Je n'ai pas bougé. J'avais peur que, si je me retournais, le moment s'envole. Il a simplement dit : « Tu m'as manqué. »
Le soir même, il a rapporté son oreiller de la chambre d'amis. Il ronfle toujours, bien sûr. Ça ne m'empêche toujours pas de dormir.
Cet été, pour nos quarante ans de mariage, nous sommes partis une semaine à Pornic. Le soir, nous marchions au bord de l'eau, et il me tenait par la taille comme au bal de Clisson.
Je ne dis pas que ce savon a sauvé mon couple : il n'était pas en danger, je le sais maintenant. Mais il y avait entre nous un silence que ni lui ni moi ne savions briser, et une explication toute simple que personne ne m'avait jamais donnée. Chaque peau est différente, et je ne peux parler que pour moi.
Si vous sentez, vous aussi, quelqu'un que vous aimez s'éloigner sans un mot, ne vous dites pas tout de suite que c'est l'âge, ou que c'est vous. Parlez-en. Et renseignez-vous sur le nonénal.
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Le rituel japonais de Catherine
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